Moisson 2026 : une campagne précoce, dans la moyenne quinquennale

, mis à jour le 18/07/2026 à 12h33
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Blé

Les premiers chiffres communiqués par FranceAgriMer suite au démarrage de la moisson 2026, qui pourrait s'achever dans les prochains jours, laissent apparaître les stigmates des vagues de chaleur et du dérèglement climatique. Les volumes récoltés demeurent cependant relativement satisfaisants, avec un recul de l'ordre de - 4%, et des grains de bonne qualité.

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Les faits les plus marquants de la moisson 2026 ne seront sans doute pas à observer du côté des chiffres. A quelques jours de la fin des opérations de collecte, qui demeurent en cours dans certains territoires du Nord de la France, les estimations de FranceAgriMer laissent entrevoir un résultat situé dans la moyenne quinquennale : 33,346 millions de tonnes de blé tendre auraient été récoltés par les producteurs (-4 % vs 2025). Un résultat bien éloigné du désastre de la campagne 2024/2025, où l'excès de pluviométrie avait altéré la qualité autant que les volumes de grains. A l'inverse, les premières observations sur les blés fraichement ensilés se révèlent prometteurs, avec une qualité meunière au rendez-vous. 

Hétérogénéité, précocité, nouvelles journées

Derrière ces résultats satisfaisants de prime abord se cachent des réalités de terrain bien plus complexes. Les rendements se sont avérés particulièrement hétérogènes en fonction des variétés plantées, de la nature des sols (en fonction de leur profondeur, notamment) et des expositions. Certains producteurs ont pu voir leurs rendements chuter de 30 % sur leurs parcelles, ce qui s'avère alors particulièrement problématique. L'organisation du travail des agriculteurs se trouve également modifiée : avec près de 14 jours d'avance pour certains territoires, la moisson devient de plus en plus précoce. En plus de déplacer la période de travail à partir de de fin juin, les conditions météorologiques imposent de procéder à la moisson lorsque les températures sont le moins élevées, en début de journée, alors que les habitudes se concentraient jusqu'alors dans l'après-midi pour limiter l'humidité des grains. L'attention permanente induite par la chaleur et la sécheresse, qui décuplent les risques d'incendie, renforce également la pression que subissent les agriculteurs au quotidien... avec, à la clé, un gain incertain puisque les cours mondiaux du blé ne valorisent que très peu ce niveau d'engagement.

Rémi Héluin, Rédacteur en chef du magazine Zepros Boul-Pat
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