L'IGP Mirabelles de Lorraine fête ses 30 ans

, mis à jour le 03/07/2026 à 15h11
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30 ans IGP Mirabelles de Lorraine

En plein coeur de l'été, les terres de Lorraine se parent de couleurs dorées du meilleur effet. Sur les arbres, un fruit concentre toutes les attentions : la mirabelle. Devenue l'emblème du territoire, elle continue d'animer la vie de près de 200 arboriculteurs et se prépare à l'avenir en imaginant les pratiques culturales de demain.

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"La mirabelle est un peu comme notre soleil en plein coeur de l'été", sourit Michel Roth. Le chef cuisinier, natif de Sarreguemines (57) et détenteur du titre de Meilleur Ouvrier de France, entretient une affection toute particulière pour ce fruit qu'il a travaillé tout au long de carrière, en version sucrée mais aussi salée. Si l'attachement à son terroir a fait de lui un bel ambassadeur du produit, il a pu compter sur l'engagement de la filière pour prendre le relais et s'imposer dans le paysage du végétal. C'est sans doute une fierté partagée autant que le goût du travail bien fait qui a permis à la Mirabelle de Lorraine d'être le premier fruit français à obtenir une Indication Géographique Protégée (IGP). Ce cap, franchi en 1996, a été la première étape d'une aventure écrite autant dans l'Hexagone qu'à l'international.

L'exigence au coeur de la démarche

Pour déclencher la campagne de récolte, la maturité des fruits ainsi que le respect de critères précis sont déterminants. Ainsi, les mirabelles doivent présenter un diamètre supérieur à 22 mm, une couleur caractéristique (jaune franc) et une teneur en sucre de 16° Brix au minimum pour prétendre à l'IGP. Chaque année, près de 1 000 saisonniers, recrutés localement, sont mobilisés pour cueillir la précieuse matière première au sein de 200 exploitations engagées dans la filière. Grâce à des arbres rustiques et à des terres argileuses (autre critère de l'IGP), les cultures demeurent peu affectées par le changement climatique, même si les récoltes sont toujours plus précoces - elles démarreront d'ailleurs avec une semaine d'avance par rapport à 2025. 6 000 à 8 000 tonnes sont attendus.

Une culture de la transformation au service d'un succès international

Les mirabelles destinées à la consommation fraiche sont récoltées à la main - soit 30% de la récolte totale -, tandis que celles destinées à la transformation sont traitées mécaniquement. Afin de prolonger le plaisir de ce délicat fruit tout au long de l'année, la coopérative Vegafruits - spécialiste de la Mirabelle de Lorraine - a investi en 2003 dans des outils permettant de préparer des oreillons surgelés, qui accompagnent la consommation du fruit toute l'année et le développement de nombreuses déclinaisons (boissons, confitures, compotes, ...). Grâce à ces investissements et à la qualité reconnue de la matière première, l'IGP Mirabelles de Lorraine représente 70% de la production mondiale du fruit, et exporte ses gourmandises vers une dizaine de pays. "Dans mes 115 boulangeries, j'ai à coeur de faire rayonner ce produit, auquel je suis attaché de par mes origines lorraines. Nous le déclinons en tartes, macarons ou encore confitures, ce qui permet de le faire déguster au plus grand nombre", témoigne Jean-François Feuillette, ambassadeur de l'IGP Mirabelles de Lorraine depuis quatre ans.

Préparer l'avenir

Même si les pratiques agricoles des producteurs engagés dans l'IGP demeurent façonnées par les traditions, les agriculteurs n'ont de cesse à penser à l'avenir de leur collectif. Ainsi, Quentin Hoffmann, président de l'association Mirabelles de Lorraine, prend soin d'un verger conservatoire destiné à préserver la variété génétique de l'abre, mais aussi et surtout à imaginer les pratiques culturales de demain. Soin des arbres, entretien des vergers, adaptation au changement de climatique... autant de sujets traités au quotidien pour permettre aux producteurs qui entreront demain dans la démarche de disposer de solides outils pour faire face aux nombreux enjeux de l'époque. Le renouvellement permanent fait ainsi partie de la marque de fabrique de l'IGP, qui a planté ou rénové près de 200 hectares de vergers depuis 2015. Une belle façon de s'engager pour que leur soleil ne s'éteigne jamais.

Une démarche éco-responsable globale

Pour valoriser la totalité du produit, des filières ont été développées afin de transformer les noyaux des Mirabelles de Lorraine, récupérés lors de la transformation des fruits. Huile cosmétique naturelle, combustible ou paillage, trois options qui n'ont eu de cesse de se renforcer ces dernières années, grâce au regain d'intérêt observé pour l'économie circulaire. En parallèle, l'IGP a renforcé son cahier des charges en 2025, avec des exigences orientées dans le sens d'un haut respect de l'environnement. Les producteurs doivent réaliser un enherbement des vergers et maintenir des haies, ce qui est favorable à la biodiversité. De plus, une densité maximale de 400 arbres par hectare est imposée, avec une surface de 25 m2 pour chaque arbre.

Rémi Héluin, Rédacteur en chef du magazine Zepros Boul-Pat
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