En Normandie, les Moulins Familiaux intègrent le Moulin d'Auguste
L'entreprise familiale dirigée par Thomas Maurey se renforce dans le secteur normand en mettant la main sur le site acquis par les Moulins Dumée il y a seulement un an. Le Moulin d'Auguste rejoint une galaxie de quatre sites, et bénéficiera de précieuses synergies pour gagner en efficacité et en rentabilité, tout en améliorant le service rendu à la clientèle.
Deux propriétaires en à peine plus d'un an. Aux Andelys (27), le mouvement permanent qu'entretient le Moulin d'Auguste pourrait bien finir à ressembler à une valse. Le site, exploité depuis 2003 par Sébastien Dutacq, a connu une passe difficile suite à la crise énergétique traversée entre 2022 et 2023. A l'époque, le dirigeant avait dû emprunter pour payer ses factures d'électricité, ce qui n'avait pas manquer de laisser des traces. Deux ans plus tard, les Moulins Dumée mettaient la main sur l'entreprise, voyant ici l'opportunité de mieux servir leur clientèle normande historique. "Le site ne nous avait pas été proposé à l'époque, du fait de la proximité avec le Moulin Paul Dupuis, que nous exploitons à Gournay-en-Bray (76)", se souvient Thomas Maurey, à la tête des Moulins Familiaux.
Une cession liée à des contraintes opérationnelles
Début 2026, l'entreprise bourguignonne gérée par Hervé de Romémont fait le choix de se séparer de sa récente acquisition. "Moulins Dumée avait investi dans le site afin d'améliorer sensiblement sa productivité et donc sa rentabilité. Cependant, la complexité opérationnelle liée à l'éloignement entre Gron, où est basé le site principal de l'entreprise, et les Andelys avait été mal évaluée : il est particulièrement complexe de traverser une telle distance, d'autant plus en tenant compte que Paris se situe sur le chemin !", analyse le dirigeant-propriétaire des Moulins Familiaux, qui est alors approché par son confrère pour reprendre l'outil de production. "J'ai été tout de suite attiré par cette opportunité, de par l'identité forte développée par le Moulin d'Auguste, basée notamment sur un fort engagement RSE et des approvisionnement locaux et une culture de la proximité affirmée par des livraisons réalisées à moins de 150 km du moulin. De plus, l'entreprise dispose d'une équipe très qualifiée et engagée", confie Thomas Maurey. Au delà de ces considérations d'image, intégrer l'entreprise dans le portefeuille des Moulins Familiaux revêt également un caractère stratégique, empêchant d'éventuels concurrents de s'ancrer dans la région normande. Désormais, la structure dispose de deux identités pour cibler la Normandie, et mettra en commun des outils comme son centre de formation, l'Académie des Moulins Familiaux, pour accompagner ses clients.
L'inévitable évolution de l'ADN du moulin
Cette cession n'est pas sans soulever des questions vis à vis de l'engagement du Moulin d'Auguste au sein du groupement Festival des Pains, dont il est membre historique. "Je n'ai pas la culture des marques", reconnaît le repreneur, qui a fait le choix de quitter Banette, dont Moulins de Chars et Moulins de Chérisy (deux sites des Moulins Familiaux) étaient membres. Difficile, dans ce contexte, d'envisager de développer le portefeuille d'artisans placés sous l'enseigne siégeant à Lamotte-Beuvron (41). "Nous allons continuer de servir les clients de la même façon, et évaluerons notre position vis à vis du groupement d'ici un an ou deux", précise le meunier, qui entretient néanmoins un vif intérêt vis à vis du savoir-faire développé par les équipes de Festival des Pains en terme d'innovation. "La mise en commun des efforts en terme de R&D au sein des meuniers membres de Festival a un réel intérêt", conclut Thomas Maurey, pour qui l'aventure à cinq sites ne fait que commencer.