Congés en boulangerie : une impossible fermeture pour les indépendants ?
Le coût induit par une fermeture estivale pèse toujours plus lourd sur les trésoreries des entreprises artisanales, largement fragilisées par les hausses des charges et du prix des matières premières. Plus qu'un choix naturel, les congés doivent désormais être abordés avec une grande précision afin d'éviter toute conséquence sur la pérennité de la structure.
Selon le 84e baromètre de conjoncture Fiducial des TPE, réalisé par l'Ifop, 36% des dirigeants de TPE comptent fermer leur entreprise pendant cet été. Cette donnée inclut donc une part de boulangers, qui voient leurs latitudes de congés toujours plus restreintes, souvent pour des raisons économiques : ils sont 27% à évoquer le manque de moyens pour justifier ce choix, devant la solidité de l'activité estivale (26%) ou le manque de personnel (21%). Pour les mêmes chefs d'entreprise, la durée moyenne de la pause saisonnière atteint 10,9 jours, sachant qu'un tiers de ce public déclare ne pas prendre de congés pendant la période (31%). Derrière ces chiffres se cache une réalité de terrain de plus en plus prégnante : les artisans prennent un risque en se coupant de toute source de revenu sur une partie de l'été. Cela a poussé une partie d'entre eux à réduire sensiblement la durée des congés, voire même à organiser un roulement entre les équipes et ainsi éviter toute fermeture pour ceux disposant de suffisamment de collaborateurs.
Développer la culture de l'anticipation
Dans certains territoires, la faiblesse de l'activité permet difficilement d'atteindre le point mort en plein coeur du mois d'août, y compris avec des gammes et équipes restreintes. Se résoudre à observer des congés ne signifie pas pour autant le faire sans préparation. Les plus fins gestionnaires font désormais le choix de provisionner ce qui s'apparente à une charge, afin d'éviter toute mauvaise surprise. Un travail à mener au plus tôt, en collaboration avec des partenaires spécialistes du sujet que peuvent être des comptables et consultants en gestion. La prise en compte de l'environnement concurrentiel est également un point à traiter, du fait de la volatilité toujours plus marquée des consommateurs : changer des habitudes est un risque à mesurer, puisqu'il peut induire une absence de retour lorsque la réouverture s'opère, d'autant plus face à de grandes enseignes en capacité d'ouvrir tout au long de l'année.