La consommation de pain continue de migrer vers le snacking

, mis à jour le 26/04/2026 à 22h24
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Boulangerie

Le pain est de moins en moins perçu comme un aliment à part entière. Le constat est particulièrement prégnant chez les nouvelles générations, qui le consomment d'une façon bien différente de celle de leurs ainés. Même si la baguette continue d'occuper une place importante dans l'alimentation des Français, cette dynamique contribue à lui faire perdre du terrain, au profit d'options moelleuses. La transformation des rythmes de vie, et notamment chez les jeunes actifs, représente également un défi pour la filière, qui doit exister face à de séduites options de snacking.

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Des valeurs nutritionnelles optimisées

Un véritable challenge pour l'équipe Recherche & Développement de Banette, qui est parvenue à mettre au point un produit aussi original qu'utile pour la filière. Ainsi, sa version nature offre 6,9 g de fibres pour 100 g de pain, alors qu'une baguette de pain courant n'en contient que 3,8 g. Côté protéines, la différence est tout aussi notable, avec 12,2 g. Enfin, un autre aspect a été pris en compte dans la formulation de la recette : les glucides assimilables. Ces derniers sont présents en bien moindre quantité que dans les pains traditionnels, avec 35,7 g pour 100g. Conjuguée à la présence d'amidons résistants, la maîtrise de cette valeur permet une bonne maîtrise de la glycémie.

Un produit ouvert au snacking

Grâce à ses ingrédients simples et gourmands (semoule de blé dur, son d'avoine, graines de tournesol pour la version nature, graines de lin brun, graines de soja, graines de tournesol, graines de chia et flocons de pois chiche pour la version graines), GluciBon se prête autant à la fabrication de pains que de bases pour le snacking, à l'image d'étonnants pains pita. De quoi rendre les repas nomades toujours plus sains et nourrissants, sans renoncer au plaisir.

Ce vendredi après-midi, plusieurs organisations représentant les boulangers ont revendiqué une victoire dans le combat qu'elles partageaient afin d'obtenir l'ouverture des commerces de la filière le 1er mai. Frédéric Roy (Collectif pour la survie des boulangeries et de l’artisanat) et David Fèvre se sont ainsi satisfaits de l'évolution réglementaire promise par le Premier ministre (Collectif des artisans et commerçants de France), qui aurait été obtenue grâce à leur capacité à fédérer et à dialoguer avec les pouvoirs publics autour de cette cause. Pourtant, seul Dominique Anract, président de la Confédération Nationale de la Boulangerie-Pâtisserie Française (CNBPF) a été reçu par Sébastien Lecornu, et était présent lors de l'annonce réalisée le 17 avril. 

Contrairement au plus large périmètre proposé par le projet de loi enterré par l'exécutif, ce sont en définitive les boulangers et fleuristes "artisanaux et indépendants" qui seront autorisés à ouvrir le 1er mai. "Le 1er mai est un jour férié et chômé. Il n’y a pas de dérogation de droit à cette règle", a rappelé Matignon dans un communiqué. La "situation particulière" des deux professions a néanmoins poussé le Gouvernement à infléchir la position affichée dès le lundi 13 avril. Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, avait en effet indiqué que la possibilité d'ouvrir le 1er mai devrait être traitée par des accords de branche, ce qui avait été perçu comme une capitulation face à la grogne des syndicats. Finalement, il n'y aura donc pas de loi pour la fête du Travail 2026, mais un appel au "au pragmatisme et à la modération" adressé au service de l'Etat, avec la promesse d'une absence de sanctions pour les entreprises maintenant leur activité sur cette journée. Le texte définitif devrait, quant à lui, entrer en application au printemps 2027, après un vote au Parlement.

Qu'est-ce qu'un boulanger artisanal et indépendant ?

La position affichée par le Premier ministre vient relancer une opposition latente entre les différents acteurs composant le paysage boulanger français. Sébastien Lecornu a en effet clairement mentionné sa volonté de permettre aux seules entreprises "artisanales et indépendantes" de maintenir leur activité. La formulation vient cibler de façon directe les industriels mais également les réseaux structurés qui peuplent une grande partie du territoire. Pour les enseignes reposant sur un modèle 100% industriel, avec une simple cuisson ou décongélation au sein du point de vente, cette nouvelle autorisation a un impact limité : la plupart des points de vente de ces structures sont rattachés au secteur de la restauration rapide, qui avait d'ores et déjà la capacité d'ouvrir le 1er mai. En revanche, des acteurs tels que Marie Blachère, Ange, Louise ou encore Feuillette se trouvent ainsi ciblés... alors même qu'ils disposent du droit d'afficher "artisan boulanger" sur leurs façades, de par la production du pain opérée sur place. Pour une bonne partie de ces marques (en dehors du groupe Blachère, essentiellement succursaliste), ce sont en réalité des entrepreneurs indépendants qui exploitent les différentes implantations, du fait du modèle de franchise prépondérant au sein de ces réseaux nouvelle génération. L'absence de la Fédération des Entrepreneurs de Boulangerie (FEB) lors des discussions ayant abouti à cette nouvelle autorisation est un marqueur déroutant de cette volonté politique, qui met de côté une part croissante du marché du pain en France. Un nouvel éclaircissement demeurera donc nécessaire pour que la question soit tranchée, au bénéfice - ou non - d'une filière toute entière.

Rémi Héluin, Rédacteur en chef du magazine Zepros Boul-Pat
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