La filière gourmande se mobilise contre le retour de la menace d'une taxe sucre
L'automne est désormais une saison maudite pour les professionnels des douceurs sucrée. C'est à cette période que débutent de curieuses festivités, déclenchées par les discussions autour du Projet de loi de financement de la Sécurité Sociale. Après la menace d'une taxe sur les produits sucrés pour 2026 et la fronde suscitée dans la filière, le Gouvernement renouvelle son projet pour l'année à venir, avec un dispositif qui pourrait mettre en péril des milliers d'entreprises.
Les professionnels du sucré sont-ils en danger ? C'est en tout cas le message que tentent de faire passer leurs organisations représentatives alors que le spectre d'une taxe sur les "produits sucrés" refait surface à l'approche des discussions autour du Projet de loi de financement de la Sécurité Sociale (PLFSS) 2027. Selon les premiers éléments rassemblés au sujet du dispositif, la taxe pourrait représenter 6% du chiffre d'affaires pour certaines entreprises concernées, à l'image des TPE-PME, soit plus que leur bénéfice moyen. Le sujet inquiète l'ensemble des typologies d'acteurs, qu'il s'agisse d'entreprises modestes et artisanales ou d'industriels structurés. Aux yeux du Syndicat du Chocolat, des Confiseurs de France et de Biscuits, Gâteaux et Panification de France, rassemblés sous la bannière Alim' Alliance (ex-Alliance 7), il s'agirait d'une "une faute économique, industrielle et territoriale" : "Derrière l’expression générique de « produits sucrés », il n’y a pas une catégorie abstraite. Il y a des entreprises, de toutes les tailles, des emplois et des savoir-faire. Il y a des fabricants de nougats, de pains d’épices, de meringues ou encore de calissons. Autant de spécialités dont la recette et l’identité sont indissociables de notre patrimoine gastronomique. Nos secteurs représentent plus de 300 entreprises, dont 87 % de TPE et PME, qui produisent et transforment en France. Ils emploient directement près de 50 000 personnes", défend l'organisation.
Un choix politique difficilement compréhensible
La perspective de cette nouvelle taxe est particulièrement mal accueillie dans un contexte où les entreprises doivent faire face à des difficultés opérationnelles et économiques réelles, liées au contexte géopolitique, au changement climatique ou à des tensions observées au sein de certaines filières (oeufs, cacao, ...). Elle apparaît d'autant plus injuste aux yeux de professionnels déjà engagés dans une démarche visant à réduire la teneur en sucre de leurs recettes. La Fédération des Entrepreneurs de Boulangerie, aux côtés de ses membres, travaille depuis plus d'un an à la préparation d'un accord collectif sur le sujet. Il couvrirait 26 familles de produits et viserait au moins 5 % de réduction des teneurs moyennes en sucre d’ici à 2031 (et respecterait donc les principes issus de la Stratégie Nationale pour l’Alimentation la Nutrition et le Climat (SNANC)).
"Nos entreprises, à plus de 94 % des TPE-PME, ne disposent pas de moyens financiers illimités. Les taxer au moment même où elles se mobilisent volontairement pour faire évoluer leurs produits, c’est fragiliser considérablement les efforts engagés et décourager les entreprises qui prennent leurs responsabilités à bras le corps", s'exclament les responsables de la fédération. Son président Didier Boudy n'hésite pas à qualifier cette taxe de "coup de poignard dans le dos", alors que les équipes de la FEB travaillent avec les ministères de la Santé et de l’Agriculture dans le cadre de la mise au point de l'accord. Difficile donc d'imaginer que les responsables politiques ignorent l'engagement de la filière. "Les entreprises de boulangerie-pâtisserie disent ce qu’elles font et font ce qu’elles disent. L’État doit en faire autant. Comment peut-il accompagner cet engagement avec ses administrations, puis envisager une taxe qui en ignorerait tous les efforts ? Quel message envoie-t-il aux entreprises ? Investissez, mobilisez vos équipes, améliorez vos produits : vous serez quand même taxés !", poursuit l'organisation dans son dernier communiqué.